
Une arme de course pure souche, forgée dans l'extrême
Apollo Automobil a dévoilé les spécifications complètes de l'Apollo EVO, une hypercar réservée à la piste qui dépasse largement les limites habituelles de la raison, de la subtilité ou du compromis. Limitée à seulement dix exemplaires dans le monde et vendue au prix d'environ 3 millions d'euros, l'EVO représente l'expression la plus radicale à ce jour de la société qui tire ses origines de la redoutable Gumpert Apollo des années 2000. Depuis sa relance en 2016, Apollo Automobil n'a produit que dix voitures pour ses clients, toutes équipées du féroce moteur V12 Intensa Emozione. L'EVO suit la même philosophie de rareté et d'excès, mais pousse le concept encore plus loin. Il ne s'agit pas d'une voiture de route avec des aspirations de circuit, mais d'une arme de circuit sans compromis, conçue pour offrir l'expérience de conduite la plus viscérale et la plus mécanique qu'Apollo puisse concevoir à l'ère moderne. Les premières livraisons aux clients sont prévues pour le premier semestre 2026, la production étant déjà en cours.


Le V12 de 6,3 litres
Au cœur de l'Apollo EVO se trouve un V12 atmosphérique de 6,3 litres, fourni par Ferrari et largement remanié pour répondre aux besoins d'Apollo. Dans cette version finale, la puissance atteint 800 ch avec un couple de 765 Nm, surpassant à la fois le moteur Ferrari F12 d'origine et l'Intensa Emozione, déjà extravagante. La puissance est transmise exclusivement aux roues arrière par une boîte de vitesses séquentielle à six rapports actionnée par un système de palettes pneumatiques. Avec un poids à vide cible de seulement 1 300 kg, plus léger que de nombreux crossovers compacts, les chiffres sont, comme on pouvait s'y attendre, brutaux. Apollo annonce un sprint de 0 à 100 km/h en seulement 2,7 secondes et une vitesse maximale de 335 km/h. Mais la vitesse pure n'est qu'une partie de l'histoire. L'EVO est conçue pour générer plus de 1 350 kg d'appui aérodynamique, avec un aileron arrière à commande hydraulique capable d'ajuster son angle d'attaque en moins d'une seconde. La charge aérodynamique est si extrême qu'Apollo s'abstient de prétendre que la voiture peut rouler à l'envers. L'adhérence est assurée par des pneus Michelin Pilot Sport Cup 2 montés sur des jantes en aluminium forgé de 20 pouces à l'avant et 21 pouces à l'arrière, avec des jantes optimisées pour les pneus slicks disponibles en option. Les freins en carbone-céramique sont de série, mais les acheteurs peuvent opter pour des freins en acier de course dans le cadre d'un pack performance dédié.


Un design squelettique, à l'intérieur comme à l'extérieur
Visuellement, l'EVO ressemble moins à une voiture conventionnelle qu'à un organisme mécanique en pleine mutation. Les ailettes, les évents, les structures apparentes et les surfaces aérodynamiques agressives dominent l'extérieur, donnant l'impression d'un Decepticon figé à mi-chemin de sa transformation. Cette philosophie « squelettique » n'est pas un simple effet de style, elle s'étend profondément à la structure et à l'habitacle de la voiture. La toute nouvelle monocoque en fibre de carbone ne pèse que 165 kg, ce qui la rend 10 % plus légère et 15 % plus rigide que le châssis de l'Intensa Emozione. À l'intérieur, le concept de réduction atteint son extrême logique. Les structures porteuses restent entièrement visibles, la fibre de carbone et l'aluminium étant laissés apparents partout. Tout ce qui n'est pas essentiel à la conduite a été supprimé. Le cockpit est équipé de sièges baquets de course fixes avec harnais complets, d'un pédalier coulissant, d'un volant de type « yoke » et d'un tableau de bord de type voiture de course. Les commandes essentielles à la conduite sont disposées horizontalement sur une poutre en fibre de carbone apparente, renforçant ainsi l'orientation sans compromis de l'EVO. Cet habitacle n'est pas conçu pour le confort ou la distraction, il existe uniquement pour relier le conducteur, la machine et la physique avec le moins de filtrage possible.


Dix voitures, dix déclarations personnelles
Malgré son minimalisme brutal, il n'y aura pas deux Apollo EVO identiques. Grâce au programme Apollo Forge, la division de personnalisation interne de la marque, chacune des dix voitures sera adaptée aux préférences de son propriétaire en matière de matériaux, de finitions et de détails. Même dans un cadre aussi extrême, Apollo insiste sur l'individualité comme valeur fondamentale. La production se fera en deux lots de cinq voitures, dont seules quelques-unes sont encore disponibles au moment de l'annonce. À 3 millions d'euros hors taxes, l'EVO se situe clairement dans la stratosphère supérieure des prix des hypercars, mais rares sont les voitures qui offrent un V12 atmosphérique, plus d'une tonne d'appui aérodynamique, deux G de grip latéral et un intérieur réduit à sa structure de base. L'Apollo EVO n'est pas conçue pour élargir son attrait ou suivre les tendances. Elle est l'expression ultime et sauvage d'une espèce en voie de disparition : bruyante, légère, résolument analogique et conçue sans autre considération que la performance ultime sur circuit. À une époque de plus en plus marquée par l'électrification et la retenue, Apollo a choisi de sortir en fanfare, à 8 000 tr/min.

